Il est près de deux heures du matin vendredi lorsque, raccompagnée par des amis avec qui elle venait de dîner, Katoucha Niane, aujourd'hui âgée de 47 ans, regagne son domicile parisien, une péniche amarrée le long de la Seine à proximité du pont Alexandre III. Il pleut à verse sur la capitale ce soir-là et, comme à son habitude, l'ex-top d'origine guinéenne, qui fut l'un des premiers mannequins noirs à défiler sur les podiums, porte hauts talons et robe griffée. Selon nos informations, elle est ivre mais renvoie ses amis qui la croient en sécurité à bord. Ceux-ci la laissent, sans savoir que Katoucha habite en fait une deuxième péniche, amarrée à la première. C'est la dernière fois qu'ils l'aperçoivent.
Au matin, le fils du propriétaire de la péniche qui l'héberge découvre son sac à main à l'avant du bateau. A l'intérieur, son téléphone portable, sa carte bancaire ainsi que les lunettes que l'ex-top, pourtant myope, refusait de mettre. Depuis, plus de nouvelles. Alertée lundi par les proches de l'ancien mannequin, la brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP), spécialisée notamment dans les affaires de disparitions inquiétantes, a été saisie de l'enquête. Selon des sources proches du dossier, les enquêteurs travaillent aujourd'hui sur deux hypothèses, celle de l'accident et celle du suicide, excluant a priori la possibilité d'une agression ou d'une fugue.
En fin d'après-midi, malgré les recherches entreprises par les plongeurs de la Brigade fluviale de Paris, aucune trace n'avait encore été retrouvée. « La Seine enregistre en ce moment des courants particulièrement forts », souligne un enquêteur pour qui le corps de l'ancienne super-top a pu être emporté au loin. L'espoir est bien mince aujourd'hui de retrouver Katoucha vivante. Mère de trois enfants qui vivent aujourd'hui au Sénégal, Katoucha ne sait pas nager selon ses proches.